Crédits photo : Chloé Bonnie More
J’ai commencé très tôt à écrire de courts textes puis des romans. Plus tard, j’y ai ajouté des dessins pour mettre en relief ce qu’il manquait au texte. J’ai beaucoup lu. Et puis j’ai commencé à illustrer mes lectures, à dessiner par dessus le texte, dans les livres. Par ailleurs, j’ai dessiné pour la presse, j’ai dessiné sur les bancs de la fac, j’ai dessiné derrière des comptoirs en attendant de pouvoir m’en extraire. Et enfin, j’ai décidé d’en faire mon activité principale et d’assumer une recherche plastique et poétique, emprunte de mes expériences passées, de mes convictions et de mes désirs : comme autodidacte, comme femme, comme peintre, comme auteure, comme poétesse, mais aussi comme réalisatrice d’animation.
Chaque projet que je mène est à l’origine une rencontre. J’aime les gens « vrais » ou plutôt authentiques. Il y a un côté un peu fantastique que j’admire dans leurs histoires. Des situations qu’ils vivent, des lieux qu’ils fréquentent et des contextes qu’ils forgent et qui me forgent. Autant de potentielles situations, lieux et contextes qui suscitent des sujets, une matière à travailler et dans laquelle je me projette. Je crois d’ailleurs que mon art est un outil qui me permet de les rencontrer.
Chaque projet est construit autour d’une recherche iconographique presque compulsive. Au quotidien, j’alimente un lexique formel et sémantique au gré de mes préoccupations. Je collectionne les images en errant sur internet, dans les livres, sur mon smartphone ou sur les réseaux sociaux. Je les classe, trie et j’essaie de tracer entre eux des récits. Je suis à la recherche de la moindre analogie (technique, formelle, thématique, historique) qui me permettrait de tracer une allégorie et de faire le lien entre toutes. Comme Aby Warburg et son « atlas mnémosyne », je circonscris mon sujet en une cartographie iconographique. Cette activité est presque boulimique.
Chaque projet est surtout l’occasion de réaliser une peinture, une gravure, un dessin ou une animation. Dans tous les cas, la composition me demande un effort de concentration que je recherche. Les figures, les couleurs, la matière reviennent systématiquement. J’utilise des motifs récurrents qui surgissent autant dans les dessins qu’à plus grande échelle dans la peinture. Je suis super perméable à l’environnement qui m’entoure. Et avec lui je construis des images mentales que je peins sur différents formats.
Chaque projet est le moyen de repousser des limites techniques. Ma curiosité force l’expérimentation et me permet de voir tout ce que la technique peut apporter à mes images. Récemment, j’ai réalisé des clips et des animations : en stop-motion et en image de synthèse. J’y ai trouvé le moyen de mettre en mouvement mes dessins et d’augmenter mon attention. En effet, la production de centaines d’images, nécessaire à l’animation, me demande un certain effort et c’est dans cet épuisement que je me retrouve.
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